> L'enfance et la jeunesse (1902-1921)

Fouad Abdallah Chéhab est né le 19 mars 1902, à Ghazir (Kesrouan, Liban), au sein d'une famille chrétienne maronite. Il est le fils aîné de l'Emir Abdallah Chéhab et de Cheikha Badiaa Hobeich. Il est d'une descendance noble, son arrière grand-père n'étant autre que le frère aîné du Grand Emir Bachir II, gouverneur du Mont Liban de 1788 à 1840. Mais en 1907, en raison de la pauvreté, l'Emir Abdallah, à l'instar de nombreux hommes libanais, quitta le pays à la quête d'opportunités de travail à l'étranger. La famille ne reçut plus de ses nouvelles depuis. On croit qu'il périt à bord du navire qui le transportait de Marseille jusqu'en Amérique du Nord. Fouad et ses deux jeunes frères Farid et Chakib furent alors été élevés par leur mère et leurs oncles maternels, à Jouniyeh.

En 1916, quand Fouad Chéhab n'avait que 14 ans, il dut abandonner l'école en raison des difficultés financières et travailler au Tribunal de Jouniyeh pour subvenir aux besoins de sa famille.

En 1919, il se fit enrôler pour un an au sein de l'armée française en tant que soldat – avant que le Mandat Français ne soit proclamé au Liban en 1920, suite à la Première Guerre Mondiale.

> Débuts de la carrière militaire (1921-1946)

En décembre 1921, l'Emir Fouad Chéhab rejoignit l'Ecole militaire française à Damas. Son titre de noblesse l'aidant à être sélectionné, conformément à l'ancienne tradition maintenue par les Français pour les officiers de l'armée. Le 20 juillet 1923, il obtint son diplôme de l'Ecole Militaire en tant que Lieutenant.

En 1926, il se maria à Rose Renée Boittiaux (1904-1992), fille d'un officier français en service au Liban. Ils vécurent ensemble en harmonie, mais n'eurent pas d'enfants.

En 1929, Fouad Chéhab fut promu au grade de Capitaine et fut en charge de la caserne de Rachaya entre 1930 et 1936. Entretemps, il suivit également des cours militaires en France et fut diplômé de l'École Supérieure de Guerre à Paris.

En 1937, il fut nommé Lieutenant-Colonel et servit dans de nombreux postes militaires de haut rang au sein des ‘Troupes du Territoire du Liban' de l'Armée française.

En 1942, alors que les troupes françaises au Liban se rallièrent au Gouvernement français libre dirigé par le Général Charles De Gaulle, il fut nommé Commandant en Chef du contingent Libanais faisant partie des ‘Forces Françaises Libres au Levant', qui devint ultérieurement le noyau de la future Armée Libanaise.

En 1944, il obtint le grade de Colonel, puis de Brigadier Général, dont la tâche consistait à organiser toutes les troupes libanaises.

En 1946, les troupes libanaises devinrent l'Armée Libanaise officielle et le gouvernement le nomma Commandant en Chef de l'Armée, lui accordant le titre de Général.

En 1949, il devint le premier officier libanais à obtenir le grade de Général de l'Armée (Liwaa').

> Le commandement de l'Armée (1946-1958)

De 1946 à 1958, Chéhab se consacra à bâtir l'armée sur les nobles valeurs de la discipline, de l'organisation efficace, de l'éthique et de l'appartenance nationale. Il réorganisa et renforça progressivement les différentes troupes (Infanterie, Artillerie) et départements (État-major, Administration, Ingénierie, Communication et Renseignements) sur une base moderne, et créa ultérieurement, les forces navales et les forces aériennes. Il construisit les casernes de l'Armée dans les différentes parties du pays, améliora le niveau des études à l'Ecole Militaire et envoya les jeunes officiers dans des Académies militaires françaises et anglaises pour améliorer leurs expériences et leur savoir militaires. Le Général Chéhab servit comme Commandant en Chef de l'Armée Libanaise pendant 13 ans - sous les deux mandats des présidents Béchara El Khoury (1946-1952) et Camille Chamoun (1952-1958).

En 1952, une forte opposition politique exerça une pression sur le Président Béchara El Khoury pour l'amener à démissionner, suite au renouvèlement inopportun de son mandat. Chéhab refusa de laisser l'Armée s'impliquer dans cette confrontation politique et d'intervenir en faveur ou à l'encontre de quelconque partie. Quand El Khoury fut obligé de démissionner, Chéhab fut nommé Premier Ministre chargé d'organiser et de garantir l'élection d'un nouveau président. Faisant la sourde oreille aux opinions l'appelant à présenter lui-même sa candidature à la Présidence, Chéhab, qui s'opposait fermement à toute ingérence de l'Armée dans la vie publique, se consacra à s'acquitter de sa mission d'urgence avec diligence et sans retard. Quatre jours plus tard, Camille Chamoun fut élu président pour succéder à El Khoury.

En novembre 1956, Chéhab fut nommé Ministre de la Défense par le président Chamoun, en plus de ses responsabilités de Commandant de l'Armée. Il démissionna de son poste ministériel quatre mois plus tard, préférant se concentrer sur ses tâches au sein de l'Armée, loin du monde de la politique.

Vers la fin du mandat du Président Chamoun, suite à la rude confrontation portant sur le Canal de Suez entre Abdel Nasser d'Egypte et le monde Occidental, le public et les politiciens libanais étaient sévèrement divisés entre un camp pro-américain dirigé par Chamoun et un camp pro-arabe regroupant la majorité des hommes politiques et des leaders musulmans, se soulevant fermement contre la réélection de Chamoun. Il s'agissait alors de la Crise de 1958 durant laquelle des affrontements armés se déclenchèrent dans les rues. Chamoun fit appel aux Marines américains pour contenir le mouvement pro-Nasser. Comme c'était le cas en 1952, Chéhab, en tant que Commandant de l'Armée, refusa de permettre à l'Armée d'intervenir, d'autant plus que cette fois-ci, les ingérences étrangères s'étaient clairement manifestées. Il a tout simplement empêché et l'opposition et les partisans du gouvernement d'occuper des places d'importance stratégique – tels que les aéroports et les bâtiments gouvernementaux - et maintint l'Armée bien unie et à l'abri de la sévère division politique dont le pays souffrait.

> La présidence (1958-1964)

Alors que la crise de 1958 s'aggravait et que le mandat de Chamoun approchait à sa fin, Chéhab fut choisi comme candidat présidentiel consensuel pour succéder à Chamoun dans une mission salvatrice, afin de rétablir l'unité et la paix dans le pays qui souffrait d'une situation particulièrement difficile et menaçante. Les Musulmans lui faisait largement confiance en raison de son impartialité; et Nasser et les Etats-Unis l'acceptaient à présent, en raison de son intégrité. Il fut élu par le Parlement libanais le 31 juillet 1958, pour un mandat présidentiel de 6 ans.

Durant les deux premières années de son mandat, Chéhab travailla pour calmer les tensions internes, veillant à ce que les peurs et les doutes de toutes les fractions libanaises soient pris en considération. Il réussit ainsi à gagner la confiance des deux camps. Il forma des gouvernements consensuels dans lesquels toutes les composantes politiques du pays étaient représentées et suivit toujours le parcours de la modération, coopérant étroitement avec les différentes communautés religieuses. Il mena à bien sa tâche et parvint à restaurer une stabilité ferme au sein du pays.

En juillet 1960, après l'écoulement de deux années de son mandat et suite aux élections parlementaires de juin, voyant que le pays était maintenant démocratiquement stabilisé et que la voie des réformes était pavée, Chéhab présenta sa démission, estimant qu'en tant qu'homme militaire, il avait accompli son devoir à l'égard de son pays à un moment où il était confronté à une situation d'urgence et qu'il pouvait à présent se retirer. Il fut persuadé par les Membres du Parlement libanais de rester dans ses fonctions et décida alors de consacrer le reste de son mandat aux réformes administratives et à la modernisation de l'Etat.

En 1961, l'armée libanaise déjoua une tentative de coup d'Etat militaire fomentée par le Parti Nationaliste Social Syrien (PNSS). Afin de prévenir de telles menaces à l'avenir et minimiser les ingérences étrangères dans les affaires internes, Chéhab renforça les services de sécurité et de renseignements libanais.

La règle de Chéhab consistait à trouver un équilibre délicat pour maintenir l'harmonie entre les composantes chrétiennes et musulmanes de la nation. Il suivit le parcours du dialogue et de la modération, soutenu par les réformes publiques et les relations arabes et internationales équilibrées. Cette approche fut connue par le terme « Chéhabisme ». A Chéhab, largement respecté pour son honnêteté et son intégrité, fut attribué un vaste programme de réformes et de réglementations visant à la création d'une administration moderne, de services publics efficaces et à créer une véritable justice sociale. Mais cela mena à des conflits souterrains avec les politiciens féodaux traditionnels, communautaires et claniques, qui sentirent que leur mainmise sur le pouvoir (notamment demeurer les médiateurs entre l'Etat et le peuple), diminuait.

Le mandat de Chéhab apporta une période de prospérité économique, de développement social et de projets d'infrastructures - notamment dans les secteurs de la santé et de l'éducation - à travers le pays, touchant en particulier les régions éloignées auparavant négligées.

> Ses dernières années (1964-1973)

En 1964, Chéhab, dont le maintien à la tête du pays était vu par beaucoup comme la meilleure option en faveur de la stabilité et d'une poursuite réussie des réformes entamées, refusa d'une manière catégorique l'amendement de la Constitution qui lui permettrait de se porter candidat pour un deuxième mandat présidentiel. Il soutint la candidature de Charles Hélou, une figure diplomatique modérée, qui fut élu comme nouveau président du pays. Assez tôt pourtant, Chéhab se distança de Hélou, non satisfait par sa façon de gouverner notamment les manœuvres de Hélou pavant la voie aux politiciens féodaux traditionnels pour restituer leurs pouvoirs, et la mauvaise gestion de la présence armée des guérilleros palestiniens au Sud Liban.

Beaucoup s'attendait à ce que Chéhab se porte candidat aux élections présidentielles de 1970, comme la Constitution le lui autorisait. Toutefois, dans une déclaration historique et éloquente, il expliqua que son expérience au pouvoir l'avait convaincu que le peuple de son pays n'était pas prêt à mettre de côté les politiques traditionnelles féodales et à le soutenir dans la construction d'un Etat moderne. Il choisit par la suite de soutenir la candidature de son homme de confiance Elias Sarkis aux élections. Sarkis éventuellement perdit d'une seule voix face au leader féodal Souleiman Frangiyeh. Ceci marqua la fin de l'ère chéhabiste et des réformes y rattachées.

Les premiers mois du mandat de Frangiyeh virent la désintégration des services de sécurité et de renseignements mis en place par Chéhab. Ces services, en particulier le « deuxième bureau », étaient source de crainte et étaient accusés d'avoir maintenu une poigne de fer sur la vie politique durant le mandat de Hélou. Mais avec le démantèlement du « deuxième bureau », les ingérences étrangères dans les affaires internes ne firent que s'intensifier, se manifestant ultérieurement par une présence militaire palestinienne non-contrôlable en 1973 et le début de la guerre civile en 1975.

Fouad Chéhab est décédé le 25 avril 1973, à Jouniyeh, à l'âge de 71 ans, suite à une crise cardiaque.  

> La Crise de 1958

Une première occasion se présenta pour le général Fouad Chéhab d'être élu président de la République en 1952. En cette année, suite au soulèvement populaire contre le président Béchara El Khoury, qui l'a finalement mené à la démission, le général Chéhab - Commandant en Chef de l'Armée, fut nommé Premier Ministre, à la tête d'un gouvernement transitoire pour superviser l'élection d'un nouveau président. De nombreux politiciens proposèrent et soutinrent alors Chéhab comme candidat unanime à la Présidence. Fidèle à son éducation militaire et ses profondes convictions démocratiques, Chéhab refusa même l'idée de considérer une telle éventualité. Il estimait que son premier devoir en tant que Commandant de l'Armée consistait à protéger le régime démocratique du Liban et à aller à l'encontre de toute implication militaire dans la vie politique libanaise. Cette clairvoyance remarquable visait à protéger le Liban de la prise du pouvoir par les militaires, comme c'était le cas dans plusieurs pays arabes voisins, ce qui avait mené à une série de coups militaires successifs.

Quatre jours après sa nomination à la tête du gouvernement transitoire, le général Chéhab réussit à assurer l'élection démocratique d'un nouveau président pour le pays : le président Camille Chamoun. Chéhab se recentra de suite sur ses responsabilités militaires, avec grande discipline et diligence.

Durant l'été 1958, le schisme prononcé au sein de la société Libanaise entre Nasséristes (regroupant la majorité des leaders musulmans) et pro-américains (menés par Chamoun) se développa en affrontements armés dans la rue. Cette division, créa une situation critique qui mettait l'avenir du jeune Etat indépendant et son unité en danger. Comme en 1952, lors du soulèvement contre le président El Khoury, Chéhab, toujours à la tête de l'armée libanaise, refusa toute intervention de celle-ci pour ou contre l'un des deux camps. Il estimait que l'armée serait alors rapidement exposée à l'inévitable risque de division. Sous son commandement, l'armée veilla à la protection du palais présidentiel et des bâtiments gouvernementaux, et empêcha les parties en conflit d'occuper les emplacements stratégiques, sans prendre parti. Elle demeura ainsi unie, impartiale et immunisée.

Alors que la crise s'aggravait et le mandat du président Chamoun touchait à sa fin, les regards se tournèrent vers Chéhab comme seul espoir pour ramener la paix au pays exposé à un futur sombre et menaçant. Déjà source de grande confiance pour son intégrité et son patriotisme, Chéhab gagna le vif support et des États-Unis et de Nasser suite à la nouvelle situation régionale créée par un violent coup d'état en Irak. Son nom fut ainsi proposé avec un fort appui comme candidat consensuel pour succéder à Chamoun. Au départ, Chéhab refusa d'accepter la tâche, pour les mêmes raisons pour lesquelles il l'avait refusé six ans auparavant. Mais prenant conscience que son rôle préviendrait un éventuel effondrement de l'unité du pays et lui donnerait les meilleures garanties de réhabilitation, il finit par accepter la mission et fut élu à la première magistrature par les membres du parlement, le 31 juillet 1958.

> Rebâtir l'unité nationale

Au moment où Chéhab prenait fonction le 23 septembre 1958, le pays était sérieusement divisé entre un camp pro-arabe favorable à un rapprochement avec Nasser d'Egypte, et un camp pro-occidental favorisant un rapprochement avec l'Occident. L'autorité et le respect que Chéhab avait gagné de par ses prestations à la tête de l'armée lui permirent de s'imposer immédiatement comme juge impartial entre les parties rivales (particulièrement après le bref « contre-soulèvement » par des groupes chrétiens en octobre 1958). Il forma un gouvernement d'unité nationale sur base consensuelle, regroupant les principaux politiciens en conflit. Ce fut le célèbre cabinet quadripartite regroupant Rachid Karamé (Premier Ministre), Hussein Oueyni, Raymond Eddé et Pierre Gemayel. Formé le 14 octobre 1958, ce cabinet - modifié et élargi en octobre 1959 - gouverna jusqu'au 14 mai 1960.

Sur le plan interne, Chéhab visait à raviver l'esprit du Pacte National de 1943; cette constitution ‘non-écrite' fondée sur le principe d'œuvrer continuellement à recréer un consensus national garantissant la participation de toutes les parties au gouvernement.

Sur le plan international, Chéhab veilla à maintenir une politique étrangère équilibrée. Sa vision sage consistait à garder des relations amicales saines avec le monde occidental – particulièrement la France de De Gaulle et le Vatican – tout en assumant pleinement l'identité arabe du Liban en tant que membre actif de la Ligue arabe. Le Liban ne prit jamais parti dans les conflits interarabes, et encouragea toujours la solidarité et la « fraternité » entre tous les pays arabes.

La République Arabe Unie voisine, regroupant l'Egypte et la Syrie, et dirigée par Jamal Abdel Nasser, représentait un défi bien particulier. Abdel Nasser était le leader arabe incontesté. Très charismatique, le public libanais musulman lui accordait une place de cœur privilégiée, tandis que les Chrétiens le considéraient avec crainte. Chéhab réussit à rassurer Nasser qu'aucune hostilité contre la République Arabe Unie ne serait autorisée à émerger du territoire libanais. En contrepartie, il obtint de Nasser un gage du respect de la souveraineté, la liberté et l'indépendance du Liban à tout moment. Cet accord fut concrétisé par le célèbre sommet Chéhab-Nasser en mars 1959 , tenu sous une tente érigée juste pour l'occasion à la frontière libano-syrienne, comme symbole du respect mutuel de souveraineté.

> La démission de juillet 1960

Une étape nécessaire pour renforcer la stabilité et panser entièrement les blessures de la crise de 1958 était celle de tenir de nouvelles élections parlementaires sur des bases démocratiques saines. Les élections controversées de 1957 ayant créé l'étincelle menant au soulèvement de 1958, une nouvelle loi électorale minutieusement équilibrée fut adoptée par le Parlement, en avril 1960. Cette loi permettait une représentation parlementaire équitable. Avec beaucoup de tact, elle prit en considération les différentes spécificités des composantes communautaires et politiques libanaises, ainsi que les besoins particuliers de chaque région.
En 2009, quasiment 50 ans plus tard (!), cette loi allait offrir de nouveau la meilleure base électorale « équilibrée et juste » pour les élections parlementaires tenues alors.

En mai 1960, un gouvernement de technocrates fut formé pour superviser les élections parlementaires, qui se déroulèrent en juin dans le calme et la tranquillité.

Le 20 juillet 1960, suite à ces élections réussies, Chéhab présenta sa démission et appela à de nouvelles élections présidentielles. Il estimait que le pays avait retrouvé toute sa stabilité, et que son devoir était accompli. Il avait assumé sa responsabilité nationale quand le Liban était confronté à une situation d'urgence, et était convaincu qu'il était maintenant temps que le pays soit dirigé par un homme civil qui saurait instaurer démocratiquement les réformes souhaitées pour lesquelles il avait préparé le terrain.
(Quelque temps après le décès du président, son épouse révéla à ses proches un secret qu'elle avait gardé pendant de longues années. En acceptant à contrecœur le poste présidentiel en 1958, Chéhab lui avait déjà fait part de son intention claire de se retirer une fois la stabilité rétablie dans le pays et demeurer ainsi fidèle à la culture démocratique en laquelle il croyait et qui était contre l'ingérence militaire dans la vie politique.) Le président s'était donné deux années pour accomplir sa tâche. En juillet 1960 il vit le moment propice pour tenir sa promesse.

Après une longue journée d'intenses débats, qui vit le rassemblement des membres du parlement et des principales figures politiques à la résidence de Chéhab à Jouniyeh, les députés réussirent après de multiples efforts à le convaincre de rester en fonction. Il décida alors de consacrer le restant de son mandat à initier et diriger les projets de développement, les réformes administratives et la modernisation de l'Etat.

Le 31 décembre 1961, une tentative de coup militaire par le Parti Syrien Social Nationaliste (PSSN) fut déjouée par l'armée libanaise. Chéhab renforça par la suite les services de sécurité et de renseignements de l'armée libanaise pour prévenir de telles menaces à l'avenir et faire face aux ingérences étrangères dans les affaires internes.

> Les convictions de Chéhab concernant l'Etat

Durant sa carrière militaire, Chéhab avait prit conscience de la situation économique difficile et des conditions de vie rudimentaires dans certaines régions libanaises, notamment le Akkar, le Hermel et le Sud-Liban. Issu d'une famille noble mais modeste, son éducation saine, sa foi chrétienne et son ouverture à la culture démocratique occidentale l'avaient doté d'une approche humanitaire et clémente vis à vis des questions de la vie. Sa sensibilité à l'aspect social fut renforcée par sa culture militaire basée sur les valeurs humaines dont il s'était imprégné durant sa formation au sein de l'armée française. Ces convictions fermes ne pouvaient lui permettre une approche à la vie publique sans son aspect social.

De par son expérience personnelle comme membre de la société libanaise, il devint ainsi conscient que l'obstacle principal qui entraverait la mise en place d'institutions publiques respectables garantissant la dignité, les droits et l'égalité d'opportunités des citoyens, était une certaine mentalité héritée de l'ère ottomane. Cette mentalité menait les citoyens à se référer à leurs les fiefs communautaires et leaders féodaux pour répondre à leurs besoins, au lieu de recourir aux institutions étatiques.

Le président Chéhab était persuadé que seul un appareil étatique juste et efficace pourrait subvenir à bien aux besoins des citoyens et garantir leurs droits équitablement. Ceci permettra d'atténuer l'appartenance communautaire et de consolider l'identité nationale. “En premier, leur offrir un état juste et fort, et avec le temps, ils s'attacheraient, tout naturellement, à une identité nationale unique.” Telle était la conviction du président Chéhab. Après avoir consacré les deux premières années de son mandat à assurer la paix et la sécurité, il se pencha à bâtir « L'Etat de l'Indépendance », guidé par ce principe.

Durant cette deuxième partie de son mandat (1961-1964), le président Chéhab garda le même équilibre politique lors de la formation des cabinets ministériels dans lesquels tous les groupes communautaires étaient représentés. Avec l'introduction toutefois de quelques figures non-politiques dans la vie publique, tels qu'Elias Sarkis et Fouad Boutros.  
Entre août 1960 et octobre 1961 Saeb Salam forma deux cabinets consécutifs. Rachid Karamé dirigea un cabinet qui gouverna pour 2 ans et quatre mois d'octobre 1961 jusqu'à février 1964. Le dernier cabinet du mandat Chéhab fut présidé par Hussein Oueyni (février à octobre 1964), avec pour mission la supervision des élections présidentielles.

> Une période prospère pour le Liban

Le mandat de Chéhab amena une période calme et prospère pour le Liban, avec juste quelques accrochages à la frontière avec Israël et une frontière libano-syrienne tranquille. Sur le front interne et à part la tentative de coup d'état menée par le Parti Syrien National en 1961, de très rares incidents de sécurité eurent lieu. Ainsi, le pays, grâce également à des services de sécurité forts et bien veillant, fut muni de l'environnement approprié, pour lancer de nombreuses réformes judicieuses et projets de développement complémentaires, intégrants les différentes couches sociales et régions du pays. Ceci offrit de solides fondations qui renforcèrent la prospérité économique sur tous les fronts et encouragèrent les investissements étrangers arabes et occidentaux.

Tous les secteurs de l'économie libanaise connurent le succès durant cette période. Le pays se confirma comme le centre d'affaires, de finances et de tourisme du le monde arabe, et le trait d'union entre l'Orient et l'Occident.

> La Mission de l'IRFED

Dès 1959, le président Chéhab chargea le Père Lebret de la Mission de l'IRFED (Institut de Recherches et de Formation en vue de Développement) de mener une étude à grande échelle portant sur les capacités et les besoins sociaux, économiques, naturels et humains du pays, et de proposer des plans, des projets et des solutions aux problèmes socio-économiques repérés.

Le Père Louis-Joseph Lebret (prêtre et économiste français de grande renommée) était le fondateur et le directeur de la Mission de l'IRFED, un institut accrédité par l'UNESCO et le Vatican, pionnier dans le monde des études de développement sur les pays du tiers-monde. En mandatant une telle tâche à un organisme international d'experts, Chéhab le libérait de l'influence attendue des détenteurs des pouvoirs communautaires locaux.

Le rapport exhaustif et détaillé présenté par IRFED en 1961 confirma la vision de Chéhab, qui percevait sous les déficiences du système politique et des conflits confessionnels de sérieux problèmes socio-économiques. En effet, la prospérité apparente de la capitale Beyrouth, masquait un sous-développement et une pauvreté alarmante dans d'autres régions périphériques, à l'instar de la Békaa, du Hermel, du Nord et du Sud du pays. Ces régions manquaient gravement d'infrastructures de base (électricité, eau, routes). Les villageois et les citoyens de ces zones rurales négligées se déplaçaient vers les banlieues de Beyrouth, à la quête d'un revenu meilleur, créant ainsi « une ceinture de misère » autour de la capitale. Le rapport IRFED nota d'énormes divergences socio-économiques dans la société et entre les régions, particulièrement au niveau du revenu national.

En 1961, le président Chéhab demanda à la Mission IRFED de poursuivre son travail et proposer des solutions supplémentaires pour remédier aux faiblesses et aux problèmes diagnostiqués dans les premiers rapports. Il consacra ainsi le reste de son mandat à initier une multitude de projets de développement socio-économique à l'échelle de l'ensemble du pays, et à introduire des réformes fondamentales aux institutions administratives de l'Etat, suivant les recommandations de la Mission IRFED.

> Les réformes et les projets de développement réalisés durant le mandat

La manière avec laquelle Chéhab introduisait les changements était évolutionniste, non révolutionnaire. Il était bien conscient qu'imposer des changements radicaux dans un pays comme le Liban paverait tout simplement la voie à des réactions opposées qui se manifesteraient tôt ou tard. Il était bien conscient que la société avait besoin de temps pour s'habituer graduellement aux changements profonds, apprécier leurs premiers résultats positifs et s'imprégner, petit à petit, de leurs principes.

Ci-dessus un aperçu des principaux projets et réformes réalisés ou initiés dans le cadre de plans à long terme, durant le mandat du Président Chéhab.

Sur le plan administratif :

L'Administration souffrait de la corruption, des alliances féodales des employés, du favoritisme dans les nominations et les services offerts, du manque de compétence, du manque d'efficacité et d'équipements primitifs.

Afin de remédier à cette situation, le Service de l'Inspection Centrale fut créé au début du mandat, avec la mission de surveiller et de contrôler le travail des fonctionnaires publiques et d'améliorer les services assurés aux citoyens. Cela fut suivi par la création du Conseil de la Fonction Publique chargé des nominations, des replacements et de la promotion des fonctionnaires sur la base du mérite. Le Conseil imposant des qualifications universitaires et des examens d'entrée et remplaça le favoritisme par le mérite professionnel. L'Institut National d'Administration (ENA) fut également créé pour assurer la formation des fonctionnaires publiques, développant ainsi leur éducation et leurs compétences. Une Coopérative des fonctionnaires publiques fut également instituée.

La Cour des Comptes (Diwan al Muhasabat) fut instituée, pour contrôler les aspects juridiques et financiers des procédures publiques et des décisions proposées.

Une nouvelle loi des Municipalités créa 380 nouvelles municipalités dans les différentes régions; les pouvoirs des gouverneurs des régions (muhafiz) furent élargis rendant les services administratifs moins centralisés.

Sur le plan juridique, le Conseil Supérieur de la Magistrature, le Conseil d'Etat (Majliss Al Chura) et l' Institut d'Etudes Judiciaires furent restructurés.

Chéhab croyait fermement aux valeurs démocratiques et à la liberté de la presse. Afin de faire face à la faible immunité des médias privés face aux ingérences étrangères, le Ministère de l'Information  fut réorganisé, afin de fortifier l'appareil gouvernemental médiatique.

Le Ministère de la Planification fut également réorganisé pour répondre aux exigences des différents projets et réformes de développement.

Sur le plan socio-économique :

Comme il a été déjà mentionné, le développement social était perçu par Chéhab comme l'élément premier pour fortifier l'appartenance nationale et améliorer la qualité de vie des citoyens. L'objectif était de créer l'équité sociale à travers un développement équitable et complémentaire, qui englobe l'ensemble du territoire.

En 1959, l'Office du Développement Social fut créé, suivi peu après par le Conseil National de la Planification et le Développement. En 1962, le premier Plan National pour le Développement fut adopté. De nombreux comités et organes spécialisés furent formés et d'autres déjà existants réorganisés pour promouvoir la modernisation et cadrer les différents plans et projets de développement. Les projets touchèrent les domaines de l'économie, de la finance, du secteur bancaire, de l'éducation, de l'agriculture, de l'industrie, de la construction, du tourisme, de la santé, du bien-être social, de la police et de l'administration.

Le Conseil National pour la Recherche Scientifique (CNRS) fut initié, regroupant les meilleurs experts du pays et autres figures de renom. Ce conseil, comme c'est le cas dans les pays européens, fut doté d'un rôle initial de consultations professionnelles pour toute étude publique préparatoire.

Le Conseil Exécutif des Grands Projets fut créé, similaire à celui en place en France. Les projets exécutés étaient non seulement ceux des grandes constructions (autoroutes, ponts), mais comportaient aussi l'établissement d'une infrastructure de base dans les régions lointaines les plus défavorisées : Environ 1150 villages furent ainsi équipés d'eau et d'électricité; des routes et des écoles y furent construites. Le Conseil entreprit également d'importants projets dans le secteur industriel. Le nombre d'employés dans le secteur de l'industrie a triplé entre 1958 et 1964). Le Conseil Exécutif des Grands Projets de Beyrouth fut également créé.

Au début du mandat Chéhab, le Salaire Minimum des employés fut augmenté d'une manière significative (de 94 L.L. à 125 L.L.) et un mécanisme de réajustement adéquat fut mis en place. Une Loi pour les travailleurs étrangers fut promulguée pour organiser le statut de la main d'œuvre étrangère et protéger les travailleurs locaux.

Des écoles et des centres sociaux et médicaux furent établis dans les régions, assurant l'éducation des jeunes, offrant divers services sociaux et cours de formation, et soutenant les activités artisanales de la population rurale. Des formations agricoles furent offertes aux agriculteurs. L' Office des Fruits et l' Office du Blé et de la Betterave à Sucre furent créés pour doter les agriculteurs de soutiens techniques nécessaires et les aider dans le stockage, l'emballage, la commercialisation, et à satisfaire les règles de l'exportation et de la qualité internationale. Une Loi sur les Coopératives fut promulguée pour encourager la solidarité et le partage des dépenses entre les agriculteurs. (Les exportations du pays triplèrent entre 1961 et 1965).

A l'éducation était réservée une considération primordiale, particulièrement dans les régions lointaines. Entre 1959 et 1970, le nombre d'étudiants au Sud et dans la Békaa passa de 64 000 à 225 000 étudiants. Une loi organisant l'Enseignement Supérieur fut promulguée. L' Office de la Jeunesse et des Sports fut créé. L'Université libanaise fut élargie et de nouvelles branches dans les spécialisations suivantes furent inaugurées : Droit, Sciences Politiques, Littérature, Sciences et Etudes Sociales.

Suivant les recommandations de la Mission de l'IRFED, une grande priorité fut accordée à la promotion du tourisme libanais. Le Conseil National du Tourisme fut créé. Des sites touristiques furent rénovés (la grotte de Jeita, les excavations à Saida, Byblos, Tyr, Anjar, Tripoli) ; des espaces de repos furent construits à proximité des sites; des bureaux de promotion furent ouverts dans différentes villes européennes, arabes et américaines. (Le nombre d'hôtels dans le pays passa de 245 en 1960 à 339 en 1970).

Une innovation très importante (pourtant farouchement combattue par les grands employeurs) fut la création de la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale, qui apporta une stabilité et une sécurité financières aux employés, les dotant du droit aux indemnités, en particulier les indemnités de retraite et de fin de service, et de la couverture médicale. Le Conseil de l'Habitat  fut également établi.

Une autre réalisation majeure fut le nouveau Code de la Monnaie et du Crédit et la création de la Banque Centrale du Liban pour organiser les secteurs bancaire et financier (l'autorité bancaire était toujours sous la houlette de la Banque du Liban et de la Syrie depuis la période du mandat). Ces deux projets fondamentaux furent confrontés à de sévères critiques de la part des grands hommes d'affaires du pays, qui les accusèrent de porter atteinte à l'économie libre et de promouvoir un contrôle gouvernemental identique à celui des pays socialistes. Chéhab accorda à ces projets une très grande importance et supervisa personnellement leur exécution.

Sur le plan environnemental, le projet du Plan Vert fut initié; le Projet du Litani et celui du Barrage de Qaraoun furent achevé. Le Plan Vert offrit de généreux conseils et supports techniques aux agriculteurs ainsi que des facilités de crédit à long terme. Il ouvrit de nouvelles routes, accorda une importance primordiale à l'irrigation (650 nouveaux réservoirs d'eau furent construits), planta et distribua un grand nombre de jeunes arbres d'espèces variées, et entreprit de vastes plans et campagnes de plantation d'arbres et de reboisement couvrant des dizaines de milliers d'hectares.

Un nouveau Code de l'Urbanisme et la Loi sur l'Organisation Civile visèrent à organiser les secteurs de la construction et de l'urbanisme et à rendre la construction d'abris obligatoire. Des lois furent mises en place pour protéger le littoral et les zones vertes. De petits ports furent construits pour les pêcheurs tout le long de la côte libanaise.

Finalement, de grands travaux furent accompli pour élargir les ports de Saida et de Tripoli, poursuivre la construction du troisième bassin du Port de Beyrouth et achever les travaux préparatoires pour le complexe portuaire de Jouniyeh. Les autoroutes Zouk-Faraya et Bickfaya-Kleyaate furent exécutées, ainsi que diverses routes dans les montagnes et les routes reliant le littoral à la vallée de la Békaa.

> La notion du 'Chéhabisme'

La notion du ‘Chéhabisme' a été utilisée pour la première fois par Georges Naccache (ministre et journaliste de renom) en novembre 1960, dans sa célèbre conférence intitulée “ Un Nouveau Style – Le Chéhabisme ”. Quand cette notion est devenue communément utilisée par les médias pour faire référence au gouvernement de Fouad Chéhab, Chéhab nia lui-même la présence d'un quelconque attribut philosophique ou idéologique et décrivit sa manière de gouverner comme étant simplement une approche qui vise à servir au mieux l'entité libanaise, compte toujours tenu de ses différentes spécificités et besoins. Chéhab était convaincu qu'avec l'application de réformes administratives appropriées et de projets de développement à l'échelle du pays, l'Etat serait plus fort et capable d'offrir la meilleure garantie pour un avenir digne d'une vraie nation.

Afin de réaliser un tel exploit avec succès, Chéhab agissait avec précaution, mais fermeté. Il avait appris, de part son expérience de leadership en tant que Commandant de l'Armée, que toute étape trop audacieuse dans un contexte communautaire aussi délicat que celui du Liban pourrait avoir des effets réactionnaires à long terme. Ses actions étaient fondées sur une planification bien réfléchie, non sur des décisions impulsives. En parallèle des changements au niveau institutionnel, il voulait de faire évoluer la mentalité des citoyens pour les amener à une conviction et une foi en l'Etat. Georges Naccache, utilisant une image de Paul Valéry, a comparé cette approche à l'art de rouler une cigarette, où il fallait aller vers l'avant et puis doucement revenir en arrière pour réussir à rouler la cigarette d'une manière ferme.

Le Chéhabisme est donc cette approche particulière à la gouvernance, adoptée par Fouad Chéhab, ainsi que les réformes publiques qui lui sont liées. Un autre nom utilisé pour s'y référé est “Al-Nahj” (L'approche).

> Les objectifs du Chéhabisme

Fouad Chéhab n'a jamais sollicité le pouvoir; il a même refusé le poste présidentiel, et ce à plusieurs reprises:
En 1952, quand il fut nommé Premier Ministre pour superviser les élections présidentielles et fut proposé comme candidat par un nombre de politiciens; au début de la crise de 1958, avant qu'il n'accepte le poste au vu de l'urgence de la situation; en 1960, quand il présenta sa démission ; en 1964, lorsqu'il refusa que la Constitution soit amendée pour lui permettre de se porter candidat à un second mandat; et enfin en 1970, quand il expliqua, dans une déclaration historique et éloquente, les raisons pour lesquelles il avait décidé de ne pas se porter candidat.

Quand il fut élu en 1958, la mission de Chéhab était claire: Contenir la violence, apaiser les tensions et restaurer l'harmonie dans le pays. Avec la matérialisation réussie de cette mission au bout de deux ans, le deuxième volet de l'œuvre de Chéhab pouvait commencer à prendre forme: l'exécution des réformes nécessaires pour consolider l'appareil de l'Etat, et le transformer en une référence sécurisante pour les citoyens. « Bâtir l'Etat de l'Indépendance » comme il aimait répéter. A son avis, la présence d'un état moderne fort et d'institutions fiables libèrerait les citoyens de la traditionnelle dépendance féodale et communautaire, consoliderait l'unité nationale et élaborerait une forte immunité contre toute éventuelle crise à l'avenir.

La pensée chéhabiste concevait l'application d'un développement socio-économique rural et urbain touchant l'ensemble du territoire, pour aller de paire avec les réformes publiques. Une vraie justice sociale exigeant que le développement atteigne l'ensemble du pays – spécialement les zones les plus défavorisées – ainsi que toutes les tranches de la société.

Cette stratégie à long-terme a été l'objectif et la finalité de son travail. Jeux et intrigues politiques, quête du pouvoir et conflits basés sur des sentiments communautaires ne constituaient pas un dynamisme qui l'intéressait. Il considérait ces pratiques très courantes chez les politiciens libanais comme de viles distractions du principal noble objectif qui était le sien , et les méprisait.

Le bilan final du mandat présidentiel de Chéhab fut plus que satisfaisant  : prenant en charge un pays sur le point de s'effondrer en 1958, il avait, en l'espace de 6 ans, rebâti une nation stable, apaisé les tensions communautaires et reformé une identité nationale unie ; l'avenir du pays s'annonçait dés lors prometteur et prospère, avec notamment les importantes réformes administratives et publiques et les multiples projets de développement déjà bien entamés.

> Les traits de la personnalité de Fouad Chéhab

Le Chéhabisme est intrinsèquement lié à Fouad Chéhab en tant que personne et aux traits de sa personnalité. Chéhab n'était point un homme politique, ni de par sa nature, ni par ses intentions. Il était d'abord et avant tout un homme de valeurs et de principes.

En tant qu'officier formé selon la tradition militaire française, il appartenait à une école de discipline, de noblesse, d'éthique et de professionnalisme. Il fut sans aucun doute fortement influencé par les principes et les valeurs de la culture démocratique de la République Française qu'il adopta avec grande conviction, et suivit avec vif intérêt le mouvement national du Général de Gaulle.

En tant que Commandant en Chef et fondateur de l'armée libanaise, il inspirait un immense respect, non seulement en raison de sa fermeté dans l'application de la discipline et des règles, mais également en raison de son approche humaine et d'une attention réelle à l'égard de ses subordonnés pour qui il incarnait une image paternelle.

En tant que Chrétien, il était un fervent croyant et une personne pleine de compassion, qui appliquait les principes religieux et les valeurs morales à sa vie personnelle et à toutes ses actions. Détaché des attractions matérielles du monde, il s'acquittait de ses devoirs sans impliquer ses intérêts personnels. Il mena une vie de contentement, épargnant un montant régulier (30%) de son modeste salaire pour soutenir discrètement, à travers des institutions religieuses, des personnes dans le besoin. Sa foi chrétienne profonde et réfléchie lui faisait respecter toutes les autres traditions religieuses le disposait favorablement à tout dialogue interreligieux.

En tant que personne, il était modeste et humble, plein d'empathie et de bonne foi. Son mode de vie extrêmement simple, voire austère, lui valut le pseudonyme d'« ermite ». Sa femme fut son meilleur ami et confident, avec laquelle il partageait les mêmes croyances et les mêmes valeurs philosophiques. Tous deux n'appréciaient guère la vie mondaine et les soirées. Ils partageaient un même intérêt pour les lectures politiques, historiques et spirituelles, et en discutaient fréquemment. Les livres étaient d'ailleurs les seuls présents qu'il acceptait et appréciait.

En tant qu'interlocuteur, il savait écouter attentivement. Il était courtois, s'exprimait calmement et clairement, et ses manières étaient très raffinées. Ses mots et ses pensées étaient mesurés, jamais arrogants ni agressifs, mais visant plutôt à convaincre. Cette sincérité transparente inspirait confiance et respect aux personnes qui le rencontraient. (Ce fut probablement un facteur déterminant qui lui permit de gagner la confiance de Nasser durant le sommet clé de 1959 à la frontière libano-syrienne). Il était discret et réservé concernant les questions qui n'étaient pas d'intérêt public. Ses pensées et convictions étaient clairement exprimées dans les discours annuels à la Nation qu'il délivrait le Jour de l'Indépendance.

Dans le cadre de ses responsabilités publiques, il étudiait pleinement le sujet à traiter et écoutait attentivement l'avis des experts avant d'agir, particulièrement pour ce qui concernait les questions qui ne lui étaient pas familières. Réaliste dans son évaluation des choses, son action était souvent basée sur le bon sens et sa planification visait le long terme. Grâce à sa compréhension subtile de la nature humaine, il était bien conscient des faiblesses de ses compatriotes et ne se faisait aucune illusion quant à la capacité du citoyen libanais à se libérer de son individualisme trop marqué pour accorder la priorité à l'intérêt public.

Il fut le seul homme d'état libanais à poser les questions politiques et sociales sur un pied d'égalité, accordant à ces dernières une grande attention. Il se consacra entièrement à son travail, passant le plus clair de son temps à examiner des dossiers et à tenir des réunions afin de mener à bien tous les projets prévus (Il perdit 17 kg durant les 6 ans de son mandat à cause de son emploi du temps chargé et de la tension qui en résultait!).

Il ne portait aucun intérêt aux privilèges extravagants qui vont généralement de pair avec l'autorité et le pouvoir. Il ne fit aucun voyage à l'étranger durant son mandat. Il considérait la présidence comme une mission, un devoir et se considérait lui-même au service de son peuple. Il fut donc aux antipodes de ces hommes politiques mus par l'ambition du pouvoir et de la gloire personnelle. Ses apparitions publiques se limitaient aux cérémonies officielles annuelles, comme celle du Jour de l'Indépendance. Il n'avait aucun goût pour les médias ou l'usage d'une quelconque forme de propagande. Sa méthode de travail était celle de l'efficacité silencieuse.

A son élection, Chéhab décida de ne pas s'installer au Palais présidentiel (Palais Kantari à Beyrouth), occupé par ses prédécesseurs. Il choisit de restaurer une simple demeure à Sarba, toute proche de sa maison personnelle à Jouniyeh. Ainsi, cette dernière demeura son lieu de résidence, tandis que le nouveau « Palais Présidentiel » de Sarba devenait son « lieu de travail » où il arrivait chaque matin à 8h30 pour y tenir des rencontres officielles et s'acquitter de ses devoirs protocolaires. Il rentrait à Jouniyeh vers à 15h00 et prenait un déjeuner tardif avec son épouse. Durant l'après-midi, il lisait le courrier officiel, divers rapports ainsi qu'une revue de presse (y compris Le Monde, son journal international préféré).

Les mercredis étaient consacrés à la réunion hebdomadaire du Cabinet Ministériel et aux réunions avec les différents ministres; les jeudis à la rencontre des Directeurs généraux des ministères et des experts chargés d'étudier ou d'exécuter les projets de développement et réformes; les vendredis il recevait les diplomates étrangers.

En été, il occupait une maison louée à Ajaltoun, dans la moyenne montagne libanaise, et ne se rendait au palais de Sarba qu'une ou deux fois par semaine pour des rencontres protocolaires. Il maintenait à Ajaltoun son emploi de temps habituel, et y tenait ses réunions de travail.

> Les principes politiques du Chéhabisme

Le Chéhabisme, tel qu'appliqué par le président Chéhab, était basé sur les principes politiques fondamentaux suivants :

Protéger l'indépendance et la souveraineté du Liban
Cela s'illustra au mieux par les deux événements significatifs suivants :
En 1958 d'abord, lorsque les Marines étaient sur le point de débarquer sur la plage près de Beyrouth, Chéhab - alors Commandant en chef de l'Armée - n'ayant pas été officiellement informé du débarquement, donna l'ordre à l'armée libanaise de prendre position pour ouvrir le feu sur les forces envahissantes. Le commandement des Marines dut alors contacter personnellement Chéhab, et une solution fut élaborée, qui préconisait le déploiement des Marines uniquement dans la zone littorale de Khaldé et hors de la capitale Beyrouth, sur l'insistance de Chéhab.
Puis en 1959, lorsqu'il exigea que le sommet avec Abdel Nasser se déroule à la frontière libano-syrienne.
Plus généralement, son sens aigu de la souveraineté du Liban lui faisait garder une forte aversion vis-à-vis de toute forme d'ingérence des ambassades étrangères dans les affaires intérieures du pays.

Préserver l'unité nationale
C'est le Pacte National de 1943, constitution non écrite du régime politique libanais proclamé à la veille de l'Indépendance, qui fut la pierre angulaire du gouvernement du président Chéhab. Il stipule que le Liban est la nation une, indivisible et définitive de tous les Libanais, les chrétiens se détournant du désir de parrainage français et les musulmans de l'union avec les pays arabes voisins.
Lorsque Chéhab est élu en 1958, ces principes fondateurs se trouvaient sérieusement mis à mal et la tâche du nouveau président consistait à rétablir la confiance, raccommoder les failles et renouveler l'esprit du Pacte. Il y réussit brillamment, et pour mieux consolider l'unité nationale retrouvée, il œuvra sur le plan intérieur à l'élaboration de projets de développement et de réformes nécessaires, tandis que sur le plan international, il travailla à garder le pays à l'écart des conflits régionaux et internationaux.

Respecter et protéger la légitimité constitutionnelle, la démocratie et les libertés publiques
Chéhab fit de ces principes à la fois son cheval de bataille et sa forteresse; et c'était un vrai paradoxe que de voir un militaire du tiers monde protéger un régime parlementaire démocratique ! Car s'il avait suivi la tendance des militaires des pays alentour, il aurait pu déjà s'accaparer le pouvoir en 1952, ou manœuvrer à cette fin, au tout début de la crise 1958 (bien avant l'expiration du mandat de Chamoun). Il aurait également pu facilement accepter l'amendement de la constitution afin de rester au pouvoir en 1964.  
Au contraire, il demeura en tout temps fidèle au texte de la constitution (‘Al Kitab') et à l'esprit de la démocratie à laquelle il croyait fermement. Il répétait souvent, dans ses discours adressés aux officiers de l'armée, que leur devoir militaire était d'assurer la protection de la démocratie et du régime parlementaire. Il fut lui-même l'exemple vivant de cet idéal.
En ce qui concerne les libertés, il a refusé, durant son mandat, deux projets de loi proposés par des membres du Parlement et qui visaient à restreindre la liberté de la presse : une loi pour contrôler les sources de revenus des médias, et une autre pour limiter le nombre des journaux.

Maintenir une politique étrangère équilibrée
Pour protéger au mieux l'unité nationale et la prémunir contre des situations similaires à celle de 1958 qui l'auraient à nouveau sérieusement ébranlée, Chéhab suivit une politique étrangère équilibrée. Il maintint des relations amicales avec l'Ouest (notamment la France et le Vatican), sans toutefois être hostile à l'Union Soviétique. Avec lui, le Liban assuma pleinement son identité arabe et adopta une position neutre à l'égard de tout conflit interarabe, encourageant la solidarité (particulièrement à l'égard de la cause palestinienne) et la « fraternité » entre les pays arabes. Par cette politique claire et sans équivoque, Chéhab réussit à gagner le respect de Nasser de la souveraineté et l'indépendance du Liban.

Maintenir un équilibre communautaire dans la vie politique et les postes administratifs
La Constitution libanaise statue que le régime communautaire qui gère la vie politique et publique du pays est temporaire. L'objectif était de pouvoir éventuellement remplacer ce consensus communautaire par une vraie démocratie, où l'appartenance nationale unique rendrait tous les libanais égaux en droits. Chéhab, qui était bien conscient qu'il s'agissait d'un objectif encore lointain, œuvra à appliquer entretemps un équilibre communautaire équitable, et ce tant dans la vie politique (représentation dans les cabinets ministériels, esprit des lois électorales) que dans les nominations publiques et administratives. Il appliqua ainsi la règle du 50/50 entre chrétiens et musulmans, tentant toutefois, pour atténuer l'aspect strictement communautaire, d'introduire dans le jeu quelques figures publiques non-politiques.

La justice sociale, le développement à l'échelle du pays
La justice sociale est l'expression économique de l'unité nationale. Chéhab a corrigé l'injustice socio-économique dont souffraient les citoyens des régions lointaines ; subvenant à leurs besoins de base, il bâtit d'abord des écoles, des dispensaires médicaux, des routes, et assura eau et électricité. Par la suite, il mit en place des projets de développement dans ces régions périphériques. Il était convaincu que, si les droits et les besoins des citoyens étaient garantis et assurés par l'Etat, leur appartenance communautaire et régionale se fonderait lentement dans une identité nationale unifiée, où tous les libanais jouiraient de droits et devoirs égaux.

Le libéralisme économique et la planification du développement
Chéhab protégea le régime économique libre et libéral dont le Liban bénéficiait, veillant à soutenir les initiatives personnelles du capitalisme libre et maintenir le secret bancaire. Toutefois, suivant l'exemple des pays européens, il introduisit la planification judicieuse à long terme dans le cadre du développement (basée sur les recommandations des experts de la mission d'IRFED). Cela aboutit à une plus grande stabilité, à un contrôle moindre des monopoles, à un boom économique impressionnant et à une période de prospérité dont profitèrent tous les secteurs de la société libanaise.

Limiter les ingérences étrangères dans les affaires internes
Pour contenir la tendance héritée et bien ancrée des politiciens à chercher et consolider des relations « spéciales » et individuelles avec des puissances étrangères, et suite à la tentative du coup d'Etat de 1961, Chéhab renforça les services de renseignements du pays (notamment le fameux service de sécurité de l'armée connu sous le nom du « 2 ème bureau »). Cela réussit à limiter les ingérences étrangères et à établir un ferme contrôle de la sécurité. Cependant, cette forte prise en main de la sécurité fut éventuellement utilisée comme outil par les politiciens traditionnels pour critiquer la gouvernance de Chéhab et l'accuser de violer la démocratie et les libertés publiques. Ces figures politiques traditionnelles voyaient de fait leur pouvoir se rétrécir.

> Le deuxième bureau

Après le coup militaire raté de 1961, le besoin urgent de renforcer les services de sécurité nationale devint essentiel, pour protéger le régime contre des menaces similaires. Le contrôle des activités des services de renseignements étrangers et de leurs ingérences dans les affaires internes était une autre nécessité d'importance. Connu sous le nom du « deuxième bureau », le service de renseignements de l'armée libanaise fut restructuré, élargi et doté de prérogatives et de pouvoirs additionnels. Le président Chéhab choisissait personnellement les officiers affectés à ce service. De jeunes officiers, issus de familles modestes non-alignées politiquement et fortement imprégnés de la culture nationale de l'Armée, étaient ainsi sélectionnés après une étude minutieuse de leurs dossiers militaires.

Grâce aux contributions valeureuses de ce service, le Liban connut une période prolongée de stabilité et de sécurité de 1961 à 1970. Ceci permit au pays de bénéficier d'une rare décennie de prospérité et de développement. Malheureusement la forte prestance de ce service suscita l'alerte de certains politiciens traditionnels dont les intérêts personnels et sectaires furent naturellement menacés par cette nouvelle situation. En fait, le « deuxième bureau » avait réussi à détecter les relations bien entretenues par plusieurs de ces politiciens avec des puissances et ambassades étrangères, ce qui limitait les pouvoirs et les moyens auxquels ces politiciens avaient accès à travers ces relations. Ils reprochèrent au service ses interventions dans les élections parlementaires en faveur de nouvelles figures politiques favorables au courant Chéhabiste, et le deuxième bureau fut l'objet d'une campagne médiatique hostile bien orchestrée, l'accusant de contrôler la vie politique voire même de militariser le pays.

Fidèle à ses convictions démocratiques profondes, le président Chéhab avait refusé d'adopter une loi qui contrôlerait les sources de revenus des médias au début de son mandat. Exploitant la « liberté de presse » sacrée, les politiciens dont les intérêts avaient été secoués par les réformes étatiques limitant leurs rôles et par la révélation du deuxième bureau de leurs affiliations étrangères, utilisèrent les institutions médiatiques qu'ils contrôlaient pour créer une opinion publique hostile au Chéhabisme, visant, en premier, « les hommes du deuxième bureau ». Cela se poursuivit et arriva à son apogée durant la deuxième moitié du mandat du président Hélou. .

Après l'échec d'Elias Sarkis, le candidat Chéhabiste aux élections présidentielles de 1970, ces mêmes hommes politiques, maintenant au pouvoir, avaient la main libre pour prendre leur revanche de Chéhab à travers ces officiers et tous ceux proches de lui. Les officiers furent d'abord démis de leurs fonctions et réassignés comme attachés militaires dans des pays éloignés (l'Amérique du sud, l'Inde, le Pakistan, l'Europe de l'Est). Seul le chef du deuxième bureau, le Colonel Gaby Lahoud, fut appointé dans une capitale européenne occidentale; Madrid. En 1972, ils furent rappelés au pays pour comparaître devant un conseil disciplinaire militaire pour “abus de pouvoir, mauvaise gestion et détournement de fonds”. En 1973, ils furent poursuivis en justice devant le Tribunal Militaire et certains furent révoqués de l'Armée. Afin d'éviter qu'ils ne soient emprisonnés, Lahoud trouva l'asile politique en Espagne, alors que quatre autres officiers firent de même en Syrie. Vers la fin de 1974, les jugements du Tribunal Militaire furent reconduits. Les officiers, acquittés de toutes les accusations, réintégrèrent l'Armée par la suite; leurs rangs et droits militaires pleinement restaurés.

Le démantèlement de cet organe de renseignements au début du mandat du président Frangieh, fit dangereusement perdre à l'Etat libanais le contrôle de sa sécurité interne, ce qui facilita les ingérences étrangères dans le pays et invita rapidement la montée en puissance de la présence militaire palestinienne menant à l'éclatement de la guerre civile en 1975.

Aujourd'hui, le « Nahj » de Chéhab et ses efforts uniques dans l'histoire du Liban pour construire un véritable état, bénéficient de l'appréciation nostalgique unanime de tous les acteurs politiques présents ainsi que du grand publique de toutes les communautés libanaises. Toutefois, certains journalistes gardent parfois une tendance à critiquer le fameux « deuxième bureau », l'accusant même d'avoir eu une emprise sur Chéhab lui-même! Mais les faits démontrent que ce service auquel des responsabilités extrêmement sensibles furent confiés, était totalement engagé à servir les intérêts nationaux et non sectaires du Liban. Avec des ressources limitées, mais un engagement sincère, il faisait face à toutes les influences étrangères, en dévoilant notamment les liens de certaines personnalités publiques et de la presse avec des puissances étrangères. Son contrôle sécuritaire efficace sur tout le territoire infusait un sentiment de sécurité et de tranquillité auprès des citoyens, offrant la meilleure fondation à la réussite des projets de réformes et de développement, et à la prospérité économique résultante.

Les officiers du deuxième bureau étaient, comme tous les officiers proches de Chéhab, parmi les personnes en qui il avait une grande confiance, une appréciation pour leur intégrité, leur honnêteté et leur professionnalisme, et à l'égard desquelles il faisait preuve d'une affection paternelle. Il fut extrêmement affecté par l'injustice et la rancune dont ils souffrirent après 1970. Il maintint une correspondance personnelle avec chacun d'entre eux quand ils étaient envoyés dans des pays lointains et était profondément concerné pour leur avenir et les conditions de vie de leurs familles. Son épouse maintint cette attitude après son décès tragique en 1973, répétant à de nombreuses personnes que la principale cause de la crise cardiaque fatale dont le président fut victime était sa profonde peine à l'égard de la façon avec laquelle ces officiers furent abusivement conduit en justice. Il voyait déjà comment ceci allait affecter le moral de l'Armée et son image à l'avenir, et les conséquences dangereuses sur la stabilité du Liban avec son immunité contre les interventions étrangères dorénavant fragilisée.  

> Les limitations du Chéhabisme


Ce qui pourrait être considéré comme limitations du Chéhabisme réside dans les principes mêmes que s'est imposée la pensée Chéhabiste tels le respect de la démocratie et de la constitution, le refus de toute utilisation de la propagande pour manipuler les sentiments et les instincts de la population, et la réticence à la l'initiation de changements avant que les citoyens ne soient préparés avec conviction à les accepter.

Le Chéhabisme connut son âge d'or durant le mandat de Chéhab (1958-1964). Pour prolonger cette ère et aller de l'avant avec les réformes, le Chéhabisme aurai eu besoin de demeurer au pouvoir plus longtemps. Mais, fidèle à ses principes et respectueux de la constitution, Fouad Chéhab s'opposa fermement à la proposition portée par la majorité parlementaire pour modifier la constitution afin de lui permettre de renouveler son mandat, ce qui lui aurait permit de parfaire les réformes de l'Etat et les projets de développement entamés. Il choisit plutôt de soutenir une personnalité civile pour cette mission. Le président Charles Hélou débuta son mandat promettant de poursuivre les réformes lancées par Chéhab, mais tomba rapidement dans les pièges des jeux de la politique et de l'esprit de compromis entre les questions d'intérêt national primordial et les manœuvres de pure nature politique. Chéhab se distança de Hélou assez tôt, et Hélou s'engagea dans un jeu d'influence avec les autres cadres Chéhabistes, essentiellement les membres du Parlement fidèles à Chéhab, l'élite militaire ainsi que le « deuxième bureau » qui jouissait d'une présence puissante et redoutée.

En 1970, et malgré l'insistance d'une majorité parlementaire et son droit constitutionnel de se présenter à la présidence, Chéhab choisit de nouveau de ne pas se porter candidat, souhaitant soutenir son « fils spirituel » Elias Sarkis qui, contre toute attente, perdit ces élections d'une seule voix. Chéhab estimait, comme il l'a exprimé dans sa fameuse déclaration explicative du 4 août 1970, que les citoyens libanais n'étaient pas encore prêts à accepter les changements que lui jugeait essentiels pour la réforme du système politique du pays; changements qu'il refusait d'envisager par des moyens non-démocratiques.

Sans doute à cause d'une susceptibilité personnelle à l'égard des moyens fascistes dont l'Europe avait tant souffert, ainsi qu'à l'égard des pratiques des régimes arabes militaires, Chéhab n'appréciait guère l'utilisation de la propagande et la création d'une image d'idole publique autour de sa personne.

Les limitations du Chéhabisme peuvent être résumées à une condition première que Chéhab avait posée : Que les citoyens de son pays participent avec conviction à la tâche de réforme nationale.

> Le Chéhabisme après Fouad Chéhab

En tant que mode de gouvernance, le Chéhabisme pourrait, en théorie, être envisagé sans la présence de la personne de Fouad Chéhab.  Cependant la période post- 1970 - et jusqu'à nos jours, nous montre que le Chéhabisme n'a jamais lutté pour reprendre le pouvoir.

Quand en 1976, le Chéhabisme fut rappelé à la présidence avec l'élection d'Elias Sarkis par un consensus national, la nation était confrontée à une situation interne entièrement bloquée, ne permettant pas la prise d'initiatives. Ainsi quand le choix présidentiel personnel de Chéhab en 1970 dans la personne d'Elias Sarkis arriva au pouvoir, la situation détériorée du pays, le laissa sans aucune autorité politique et en manque d'opportunités permettant d'envisager des réformes ou des projets de développement. Pendant six ans, il ne put que gérer les crises, tenter de réduire les dommages et protéger le peu qui restait encore de la présence de l'Etat.

En 1989, avec l'accord du Taëf, à la quête d'une personnalité acceptée par tous qui réussirait à réunifier le pays et à le gouverner d'une manière saine, le choix tomba sur le président René Moawad, un politicien chéhabiste fidèle et convaincu. Malheureusement, Moawad fut dramatiquement assassiné aux tous premiers jours de son mandat.

En 1998 et en 2008, à la quête d'un président consensuel avec le profil de quelqu'un qui pourrait réunifier la nation, les commandants en chef de l'Armée le général Emile Lahoud et le général Michel Suleiman furent choisi, prenant pour exemple l'éléction du général Chéhab en 1958.

On peut conclure que le Chéhabisme, avec ou sans la présence de Fouad Chéhab, ne se nourrit pas de l'adversité et n'œuvre jamais à atteindre le pouvoir. En temps de crise et quand toute autre option politique est perdue le recours est à ce modèle d'équilibre et de consensus symbolisé par Chéhab et son approche. Les Chéhabistes n'ont ainsi, à ce jour, jamais envisagé de former un parti politique et d'entrer en compétition avec d'autres partis pour des positions de responsabilité publique.

Toutefois, il ne fait aucun doute que le Chéhabisme est un moyen de gouvernance vertueux dont toute personne dans une position responsable peut s'inspirer et l'appliquer, notamment dans les matières d'intérêt publique et général, et plus particulièrement les situations délicates.



> Presse libanaise - mars 1959 et juillet 1960

> Presse libanaise - avril 1973 (Décès et funérailles)

> 'Fouad Chéhab, le bâtisseur de l'Etat de l'Indépendance - Témoignages' (ouvrage)

Publié par la Fondation Fouad Chéhab en 2005, l'ouvrage comporte une large collection d'articles, témoignages et conférences sur le président Chéhab. (voir également la section Publications)

L'ouvrage entier est téléchargeable ci-dessous:
- Partie 1
(Comprenant les allocutions de l'émir Harés Chéhab, le général Jean Nassif, le doctor Hassan Shalak, le doctor Boutros Dib, le général (président) Michel Suleiman, le ministre Georges Frem, le président Selim Hoss et le général Ahmad El Hajj)
- Partie 2
(Comprenant les allocutions du ministre Talal Arslane, le ministre Rafic Chahine, l'ambassadeur Fouad Turk, l'archevêque Khalil Abi Nader (représentant Sa Béatitude le patriarche Nasrallah Sfeir), le ministre Georges Corm, les journalistes Talal Salman, Suleiman Takieddine, Bassem El Jisr, l'ambassadeur Joseph Donato et le ministre Fouad Al Saad)
- Partie 3
(Articles par le président Charles Hélou, le ministre Kamal Joumblatt, le ministre Fouad Boutros, le journaliste Bassem El Jisr, le général Michel Nassif, le journaliste Izzat Safi, le général Aziz El Ahdab, le général François Genadry, Jean Kmeid et Farhan Saleh)

> Articles et reportages depuis 1998

  •  Samir Al Tannir - article sur le président Chéhab - Assafir, 5 novembre 2016
  •  Hyam Mallat - article dans le magazine français 'Historia' - Hors-Série sur le Liban, décember 2016


Entre un Moine et un Emir
(Père Yaccoub Skayyem, publié par Kaslik, 2014, Arabe)

Télécharger des extraits de l'ouvrage - journal personel du père Skayyem mentionnant ses entretiens réguliers avec le président Chéhab :
Année 1967
16 fèvrier - 22 mai 1969
28 juillet - 25 décembrer 1969
10 avril - 19 aout 1970
Année 1973 et décès du président Chéhab


Fouad Chéhab 1902-1973 - Une Figure Oubliée de l'Histoire Libanaise
(Stéphane Malsagne, publié par les Editions Karthala et Ifpo, Octobre 2011, Français)

Télécharger deux extraits :
Le sommaire
L'Introduction – Penser Fouad Chéhab

(Disponible dans les librairies - A lire)
Le Journal du Père Lebret (1959 - 1964) - Chronique de la construction d'un Etat
(Stéphane Malsagne, octobre 2014, Français)

Télécharger extraits de l’ouvrage :
Journal du 19 août 1960
Journal du 7 avril 1961
Journal du 20 janvier 1964
Journal du 2 novembre 1964

Une revue de l'ouvrage

(Disponible dans les librairies)

Le Chéhabisme
(Georges Naccache, Conférences du Cénacle Libanais, Novembre 1960, Français)

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L'article entier

(Ce document est la fameuse allocution au cours de laquelle la notion "Chéhabisme" a été introduite et expliquée pour la première fois)
(A lire)

Les Discours du Président Chéhab - 1958-64
(Livret officiel, 1964, Français)

Télécharger le livret en entier :
Partie 1: Messages à la Nation Libanaise
Partie 2: Messages aux Libanais d’Outre-Mer
Partie 3: Messages à l’Armée
Partie 4: Discours Internationaux / Discours Sociaux / Vœux de Nouvel An
(A lire)

Besoins et Possibilités de Développement du Liban
(Etude par la Mission IRFED, 1960-61, Français)

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- Table des matières
- Conclusion générale

(Etude préliminaire sur laquelle le président Chéhab a basé ses projets de développement)
(A lire)

Fouad Boutros – Mémoires
(Autobiographie, traduit de l'arabe par Jana Tamer, publié par Les éditions L'Orient-Le-Jour/MMO, Avril 2010, Français)

Télécharger deux extraits de la première partie de l'ouvrage (‘Avec l'Emir’) :
Chapitre 1 - L'histoire de la rencontre sans fin
Chapitre 5 – Chéhab et le Chéhabisme

(Disponible dans les librairies - A lire)

Le Chéhabisme sous la Présidence de Fouad Chéhab
(Stéphane Malsagne, Mémoire de Maîtrise d’Histoire à la Sorbonne, 1992, Français)

Télécharger des extraits de l’ouvrage :
1- La relation du Président Chéhab avec le Père Lebret
2- La correspondance du Président Chéhab avec le Père Lebret
3- Les audiences du Président Chéhab avec le Père Lebret
4- Mythe de l’intervention de l’armée


Le Chéhabisme
(Marwan Harb, 2008, Français)

Télécharger un extrait de l’ouvrage :
La Philosophie du Chéhabisme

Le Chéhabisme - Une Ecole de Modernisation Visionnaire

(Me Toufic Anis Kfoury, novembre 2012, Arabe)

Télécharger des extraits de l’ouvrage :
Sommaire - Introduction - Chapitre 1 - Chapitre 5
Chapitre 6 - Chapitre 10 (partie 1 - partie 2)
Chapitre 11 (partie 1 - partie 2) - Conclusion
Reportage média (Al Arabi Magazine)
(Disponible dans les librairies - A lire)


Le Mandat Fouad Chéhab 1958-1964

(Joseph Chami, Le Mémorial du Liban, Tome 4, 2003, Français)

Quelques pages de l’ouvrage :
Octobre 1958 – Le Cabinet de Quatre
Mars 1959 – Sommet Chéhab-Nasser à la frontière libano-syrienne
Juillet 1960 – Chéhab annonce sa démission puis la retire
Bilan du mandat Fouad Chéhab

Beyrouth et ses Urbanistes - 1946-1975

(Eric Verdeil, Presse de l'Ifpo, 2011, Français)

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L'Ouvrage entier
Chapitre 3: La présidence de Fouad Chéhab, une nouvelle donne
(Disponible dans les librairies)

Fouad Chéhab – Le Commandant en Chef et le Président
(Wakim Bou Lahdou, 1996, Arabe)

Télécharger des extraits de l'ouvrage :
Chapitre 8 - L'homme
Chapitre 10 - Et son cœur cessa de battre…
Partie 1 (Témoignages et articles à l'occasion du décès de Chéhab - Arabe)
Partie 2 (Témoignages et articles à l'occasion du décès de Chéhab - Français)

Fouad Chéhab

(Bassem Al Jisr, publié par la Fondation Fouad Chéhab, 1998, Arabe)

Télécharger l'ouvrage entier :
Partie 1: Avant la Présidence
Partie 2: Le Président
Partie 3: Après la Présidence
Partie 4: Le Chéhabisme
(A lire)


La République de Fouad Chéhab

(Nicolas Nassif, publié par Dar Al Nahar et la Fondation Fouad Chéhab, Novembre 2008, Arabe)

Télécharger des extraits de l'ouvrage :
Chapitre 1 – La prédiction
Chapitre 5 – Le silencieux
Chapitre 17 – Le voisinage confus
Chapitre 27 – Le témoin
Conclusion
(Disponible dans les librairies - A lire)


Fouad Boutros – Mémoires
(Autobiographie, preparée par Antoine Saad, publiée par Dar Al Nahar, Janvier 2009, Arabe)

Télécharger deux extraits de la première partie de l'ouvrage (‘Avec l'Emir’) :
Chapitre 1 - L'histoire de la rencontre sans fin
Chapitre 5 – Chéhab et le Chéhabisme

(Disponible dans les librairies - A lire)

Fouad Chéhab, le Bâtisseur de l'Etat de l'Indépendance - Témoignages

(Publié par la Fondation Fouad Chéhab, 2005, Arabe)

Télécharger le livre en entier :
Partie 1 - Partie 2 - Partie 3

L'Etat Civil - L'Expérience de Fouad Chéhab au Liban
(Nada Hassan Fayyad, AlMaaref Forum, 2011, Arabe)

Télécharger des extraits de l'ouvrage :
- Index
- Chapitre 5: L'Expérience Chéhabiste - Les Eléments de Fusion Nationale
- Conclusion Générale
- Reportage média (Al Nahar - 13 janvier 2013)
(Disponible dans les librairies)

Chéhabisme
(Georges Naccache, Conférences du Cénacle Libanais, Novembre 1960, Arabe)

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L'article entier

(Ce document est la fameuse allocution au cours de laquelle la notion "Chéhabisme" a été introduite et expliquée pour la première fois)

Les Discours du Président Chéhab
(Livret officiel, 1964, Arabe)

Télécharger le livret en entier :
Partie 1 - Partie 2 - Partie 3

La Philosophie du Chéhabisme
(Fadel Said Akl, 1964, Arabe)

Extraits - Articles sur le président Chéhab dans la presse mondiale 1962-1963 :
- 'L'homme militaire qui enseigne la démocratie' - Jeune Afrique (1962)
- 'Le Liban, Etat modèle dans le monde arabe' - Pierre Rondot, La Croix (1963)
- 'La fête de la démocratie' - Ghassan Tuéni, Al Nahar (1962, Jour de l'Indépendance)
- 'Le Liban celèbre son Jour de l'Indépendance avec ferveur' - Le Monde / Jeune Afrique (1962)
- 'L'homme sage du Moyen-Orient' - Catholic Digest (1962) / Braunschweiger Zeitung (1963)

Je Suis Un des Vôtres - Le Président Elias Sarkis

(Mémorial biographique photos, novembre 2012, Arabe/Anglais)

Télécharger un extrait de l’ouvrage :

Comment le général Chéhab a rencontré Elias Sarkis

(Disponible dans les librairies)


Le Chéhabisme et la politique de décision
(Me. Toufic Kfoury, 1980, Arabe)

Télécharger des extraits de l'ouvrage :
1- Les principes du Chéhabisme
2- Les réformes sociales du Chéhabisme – partie 1
3- Les réformes sociales du Chéhabisme – partie 2

Fouad Chéhab – Cet Inconnu
(Bassem Al Jisr, 1998, Arabe)

Télécharger deux extraits de de l'ouvrage :
Introduction
Chapitre 5 – Comment Chéhab a accepté la présidence contre son gré

Fouad Chéhab
(Elias Al Diri, dossiers Al Nahar “Liban 1970”, livret # 1, 1970, Arabe)






Le 2nd Bureau, Gouverneur d'Ombre
(Nicolas Nassif, publié par Dar Moukhtarat, 2005, Arabe)


> Documents personels

> Documents officiels

> Documents militaires

> Correspondances officielles

> Correspondances privées



> La création de la Fondation

Vers la fin de l'année 1997, des amis du président Fouad Chéhab ont décidé de créer une fondation portant son nom. Après plusieurs rencontres tenues chez Cheikh Michel El Khoury, les articles d'association et le règlement interne furent finalisés, et l'association portant le nom ‘Fondation Fouad Chéhab' obtint l'autorisation du ministère de l'Intérieur (Numéro 17/AD, date du 5 février 1998). L'objectif premier de la fondation est de tenir des activités intellectuelles et sociales pour raviver les valeurs auxquelles le président Chéhab a crues et qu'il a pratiquées.

Les membres fondateurs furent (par ordre alphabétique) :
Halim Abu Ezzeddine (ancien ambassadeur), Nagib Boulos (avocat), Fouad Boutros (ancien ministre), Georges Frem (ancien ministre), Issam Haidar (ancien ambassadeur), Ahmad El Hajj (ancien ambassadeur et général à la retraite), Adel Hamiyeh (ancien ministre), Bassem El Jisr (journaliste), Michel El Khoury (ancien ministre), Chafik Muharram, Assaad Rizk (ancien ministre), Charles Rizk (ancien ministre), Youssef Takla (ancien ministre), Rida Wahid (ancien ministre), Sleiman El Zein (ancien ministre).

En février 1998 les membres fondateurs ont élu un comité administratif temporaire composé de Fouad Boutros (Président), Ahmed el Hajj (Vice-président), Bassem el Jisr (Secrétaire général) et Adel Hamiyeh (Trésorier). Une année plus tard, un comité fut élu pour 3 ans, avec le général Ahmed el Hajj comme président. Il maintint le poste pour quatre mandats consécutifs, de 1999 jusqu'à 2011. Chafik Muharram prit la succession en mars 2011.

Les membres du comité actuel (2014-2017) :
Chafik Muharram (Président), Nagib Boulos (Vice-président), général Jean Nassif, Me Toufic Kfoury, Farés Maacaron (Secrétaire), général Mounir Akl (Trésorier), Dr Hassan Awada (Représentant envers l'état), ex-ministre Adel Hamiyeh, ex-ministre Sami Minkara, Me Hyam Mallat, Issam Bekdache et Michel Maayki.

> Objectifs et activités

L'objectif premier de la fondation est de tenir des activités intellectuelles et sociales pour raviver les valeurs auxquelles le président Chéhab a crues et qu'il a pratiquées.

Voici une liste des activités notables tenues par la fondation depuis sa création :

- La publication de trois livres: 'Fouad Chéhab' par Dr Bassem el Jisr (1998), 'Fouad Chéhab, le bâtisseur de l'Etat de l'Indépendance - Témoignages' (2005), et 'La République de Fouad Chéhab' par Nicolas Nassif (2008) publié jointement avec la maison d'édition Dar Al Nahar.

- L'édification d'une statue commémorative du président Chéhab à Jounieh, avec la participation de la municipalité, en novembre 1999 : Photo.

- Refaire la sculpture du président Chéhab, installée à l'entrée du cimetière familial à Ghazir (25 avril 2009) :
Photo 1 - Photo 2.

- L'obtension d'une décision du gouvernement libanais nommant le président Chéhab parmi les Hommes de l'Indépendance, en 2008

- L'organisation d'événements commémoratifs:
Le 4 octobre 2016 - Hommages au ministre Fouad Boutros : événement - galerie photo (Anglais)
Le 11 juillet 2016 - Inauguration du Musée Fouad Chéhab: événement - galerie photo (Anglais)
Le 1 aout 2015 - Dévoilement d'une statue du président Chéhab à l'Académie Militaire: événement - galerie photo (Anglais)
Le 5 april 2014 - Première Conférence Nationale: événement - galerie photo.
Le 23 avril 2013, à l'occasion du 40ème anniversaire du départ du président Chéhab: événement - galerie photo.
Le 1 aout 2012 - Evénement commémoratif organisé par le club de l'ATCL, Kaslik: événement - galerie photo.
Le 24 avril 2012, à l'occasion de l'anniversaire du départ du président Chéhab: événement - galerie photo.
Le 25 novembre 2008, à l'occasion de la sortie du livre 'La République de Fouad Chéhab'.

- Poser des gerbes de fleurs sur la tombe du président Chéhab
le Jour de l'Indépendance (22 Novembre) :
2004: Photo
2009: Photo 1 - Photo 2 - Photo 3
2010: Photo 1 - Photo 2 - Photo 3
2011: Photo 1 - Photo 2 - Photo 3 - Photo 4
ainsi qu'à l'anniversaire de son départ (25 avril) :
2009: Al Nahar , Photo
2010: Al Nahar - Al Anwar - Photo 1 - Photo 2 - Photo 3 - Photo 4
2011: Photo 1 - Photo 2 - Photo 3
2012: Photo 1 - Photo 2 - Photo 3
2013: Messe et évènement
2014: Messe et évènement
2016: Messe et évènement

- Présenter des prix annuels aux étudiants obtenant les premières places au baccalauréat libanais :
2002: Photo
2004: Presse, Photo 1, Photo 2, Photo 3
2005: Photo
2006: Photo
2007: Photo 1, Photo 2
2008: Photo 1, Photo 2, Photo 3
2009: Photo 1, Photo 2, Photo 3
2010: Al Nahar
2012: Photo 1 - Photo 2 - Photo 3 - Photo 4 - Photo 5
2013: Presse

-
Organiser annuellement un concours d'équitation, la ‘Coupe Fouad Chéhab’ :
2002 - 2003 - 2006 - 2007 - 2008
2009 : Photo 1 - Photo 2 - Photo 3
2011 : Photo 1 - Photo 2
2012 : Presse - Photo 1 - Photo 2 - Photo 3
2013 : Reportage et photos - L'Orient Le Jour - Al Nahar - Al Anwar - Assafir - Sport-Leb
2014 : Reportage et photos - L'Orient Le Jour - Al Nahar - Al Anwar - Assafir
2015 : Reportage et photos - L'Orient Le Jour - Al Nahar - Assafir - Sport-Leb
2016 : Reportage et photos - Assafir Online - Assafir - Al Diyar - Al Nahar - Al Anwar - Sport-Leb

- Sponsoriser des thèses universitaires portant sur le président Chéhab, ses œuvres et ses principes :
2002 - 2003

- Organiser des rencontres télévisées et des conférences; et écrire des articles sur des sujets liés au président Chéhab et le Chéhabisme.

- Lancer le présent site internet, www.fouadchehab.com:
le 22 Novembre 2009, la version anglaise: Al Anwar - Al Nahar,
le 22 Novembre 2010, la version arabe,
et le 22 Novembre 2011, la version française: Site L'Orient-le-Jour - L'Orient-le-Jour

En 2006, L'Armée Libanaise a honoré son fondateur, le général Fouad Chéhab, en nommant L'Ecole de Commandement et d'Etat-Major après lui, et en tenant une exhibition sur la vie, et les carrières militaire et politique du président Chéhab.
Chaque année, à l'occasion de la fête Nationale de l'Armée Libanaise (1er Août), une délégation d'officiers représentant le Commandant de l'Armée dépose une gerbe de fleurs sur la tombe du président Chéhab: 2013 - 2012 - 2003.

> Les membres de la Fondation

Liste des members de la fondation - mise à jour juin 2016 (Par ordre alphabétique):

Nabil Abboud
Kamel Mamdouh el Abdallah
Walid Abou Dayya
Mounir Akl (général à la retraite)
Michel Akl
Fadi Assaf
Hassan Awada
Issam Bakhdache
Ziad Baroud (Ancien minitre)
Sami Baydoun
Nagib Boulos (avocat)
Les membres du comité visitant le
président Suleiman - Octobre 2008
(cliquer pour agrandir)

Hisham el Cha’ar (ancien juge)
Rabih el Chaer
Fouad Walid Chéhab
Fawzi Dagher (Ancien juge)
Raphael Debbané
Mohammad Fawaz
Ne’emat Georges Frem
Antoine Ghossein (professeur en médecine)
Ahmed el Hajj (ancien ambassadeur, général à la retraite et président honoraire de la fondation)
Issam Haidar
Adel Hamiyeh (ancien ministre)
Marwan Harb
Jihad Ibrahim
Bassem el Jisr
Nawaf Kabbara
Simon Kachar
Toufic Kfoury (avocat)
Rabih Yacoub Khalifeh
Michel Bechara el Khoury (ancien ministre)
Nazem el Khoury (ministre et ancien deputé)
Gaby Lahoud (général à la retraite)
Farés Haykal Maacaron (avocat)
Michel Maayki
Hyam Mallat (avocat)
Georges Hyam Mallat (avocat)
Sami Minkara (ancien ministre et général à la retraite)
Chafik Muharram
Samir Chafik Muharram
Raymond Najjar
Michel Nassif (général à la retraite)
Jean Nassif (général à la retraite)
Hady Jean Nassif
Amer Fouad Obeid
Mahmoud Othman
Alain Pifany (directeur-général du ministère de la Finance)
Walid Michel Rahbani
Assaad Rizk (ancien ministre)
Charles Rizk (ancien ministre)
Ezzat Safi
Antoine El Samra
Karim Antoine Souaid (avocat)
Youssef Takla (ancien ministre)
Nabil Manuel Younes (avocat)
Sleiman el Zein (ancien ministre)

Membres Décédés:

Halim Abu Ezzedine (ancien ambassadeur)
Fouad Boutros (ancien ministre et président honoraire de la fondation)
Rafik Chahine (ancien ministre)
Georges Frem (ancien ministre)
Samir Kassir (journaliste)
Assaad Mkaddem (journaliste)
Khaled Najjar
Clovis Rizk (journaliste)
Emile Tabet (professeur en médecine)
Rida Wahid (ancien ministre)